Communiqués

20 août 2012

Plateforme électorale du Regroupement québécois des CALACS

Plateforme électorale 2012

Regroupement québécois des CALACS

À l’heure des choix de la campagne électorale, les membres et partenaires du RQCALACS souhaitent connaitre les engagements des partis politiques, pour un système de santé offrant des services accessibles et diversifiées aux victimes d’agressions sexuelles.

Voici cinq enjeux fondamentaux pour notre regroupement sous forme de questions :

Question 1 : Assurer des services de première ligne choisis par et pour les femmes !

Un besoin primordial des victimes d’agression sexuelle est de pouvoir recourir à un service d’aide spécialisé, à proximité de sa résidence, et dans un délai raisonnable d’attente. Cette année, certains CALACS ont dû fermer leurs portes pendant l’été , d’autres ont réduit leurs activités à cause d’un manque de financement et ce sont plusieurs femmes et adolescentes qui se sont retrouvées sans aide.

Que comptez-vous faire?

Un autre besoin important des victimes d’agression sexuelle est d’accroître leur sentiment de confiance envers le système policier et judiciaire. Pour cela, elles doivent d’être bien préparées avant d’emprunter la voie de la justice. Les CALACS offrent des services d’accompagnement judiciaire indépendants des institutions judiciaires, et adaptés aux femmes et aux adolescentes. Comme vous le savez, le taux de dénonciation des infractions sexuelles est en baisse au Québec. Nous observons fréquemment que les victimes non-accompagnées retirent leurs plaintes. Dans une optique de libre choix et de respect de la diversité des besoins des victimes, les CALACS continuent d’offrir des services d’accompagnement judiciaire, mais encore trop souvent sans référence, ni reconnaissance de la part des institutions juridiques et policières.

Que comptez-vous faire pour que les CALACS puissent continuer à offrir des services d’accompagnement judiciaire?

Question 2 : Miser sur la prévention!

Le programme

JAVISE est connu de nombreuses enseignantes des écoles secondaires au Québec grâce au travail de prévention des CALACS. Ce programme a contribué à faire des jeunes Québécoises et Québécois des adultes plus responsables sur le plan de la sexualité et sur le plan des valeurs d’égalité entre les femmes et les hommes, qui sont chères à notre société. En 1999, la réforme de l’enseignement a mis de côté les cours d’éducation à la sexualité et les a transformés en une matière transversale pour le moins négligée. La conséquence est très négative pour la jeune génération, dont l’éducation sexuelle s’est faite par le biais d’un espace public hyper sexualisé et pour qui la notion de consentement est devenue floue. Le consentement, comme vous le savez, constitue le noyau dur de notre travail.

Suite aux revendications de la Marche Mondiale des Femmes, à deux pétitions déposées le 21 octobre 2010 à l’Assemblée nationale du Québec et à un engagement (mesure 10 du plan d’égalité entre les hommes et les femmes) du gouvernement libéral de réintégrer les cours de sexualité dans les écoles dès septembre 2012, la réintégration de l’éducation à la sexualité obligatoire dans les écoles tarde à se concrétiser.

Quand allez-vous rendre de nouveau les cours de sexualité obligatoires dans les écoles primaires et secondaires du Québec, et ce dans une perspective favorisant l’égalité entre les hommes et les femmes?

Question 3 :

Respecter les engagements gouvernementaux en matière d’agressions à caractère sexuel

Le second plan d’action gouvernemental en matière d’agression sexuelle prendra fin en 2013, mais nous ignorons si le gouvernement a prévu y donner suite. Nous avons apprécié certaines mesures. Parmi les réalisations liées à ce plan d’action, cependant, nous constatons un recul de l’approche sociale de la problématique de la violence sexuelle – qui mise notamment la prévention et la promotion de rapports égalitaires entre les sexes -, un manque de reconnaissance de l’expertise des CALACS et des mesures spécifiques insuffisantes pour tenir compte des réalités particulières des femmes de la diversité et des femmes autochtones.

Vous engagez-vous, si vous êtes élus, à poursuivre le travail amorcé avec les premier et second plans d’action en matière d’agression sexuelle en y corrigeant ces importantes lacunes?

Question 4 :

Abolir les délais de prescription pour les victimes d’agressions à caractère sexuel.

Bien qu’insuffisant, le projet de loi 70 voulant faire passer de 3 à 10 ans le délai de prescription en droit civil est un pas dans la bonne direction pour les victimes d’agressions sexuelles.

Quelle est votre position à ce sujet et comptez-vous poursuivre les consultations prévues à cet effet?

Question 5 :

Les impacts du Plan Nord sur les femmes autochtones

La question de l’impact socio-économique des activités minières ou des chantiers hydroélectriques sur les femmes autochtones est totalement absente du Plan Nord. Que comptez-vous faire pour vous assurer que les femmes vulnérables ne soient pas davantage exposées à la violence, aux préjugés et à plus d’inégalité?