Foire aux questions

MYTHES ET PRÉJUGÉS

1. L'apparence physique peut provoquer ou encourager le harcèlement et l'agression sexuelle.
FAUX. Ce genre d'affirmation rejette sur la victime le blâme de la situation et permet à l'agresseur de se décharger de la responsabilité de ses actes. Comment la jeune victime (2 semaines) et la plus vieille (90 ans) ont pu provoquer leur agresseur. Rien ne justifie une agression.
2. La majorité des agressions sexuelles sont commises par une personne que la victime connaît.
VRAI. Dans environ 85% des cas, l'agresseur est connu de la victime (Tourigny et Lavergne, 1995). P.S. Le fait de connaître sa victime permet à l'agresseur de mieux "planifier" et "manipuler" sa victime pour en arriver à ses fins: il connaît ses forces et ses faiblesses.
3. Les hommes agressent parce qu'ils ne sont pas capables de se retenir.
FAUX. Environs 70% des agressions sont préméditées : c. à d. que l'agresseur connaît la victime, l'endroit et le moment sont choisis d'avance.
4. La consommation d'alcool et de drogue est la principale cause des gestes de violence dans les relations amoureuses.
FAUX. L'alcool et la drogue sont des éléments extérieurs, des excuses venant appuyer le fait que l'agresseur a perdu le contrôle de ses gestes. L'alcool et la drogue ne rendent pas violent, sinon, toute personne consommant de l'alcool serait systématiquement violente. Ce qui dans la réalité n'est pas le cas. Devient violente la personne qui a déjà besoin d'utiliser la violence pour régler des situations où pour prendre du pouvoir sur les autres. L'alcool et la drogue agissent plutôt comme chassant les barrières intérieures (inhibitions).
5. Il est possible qu'une fille ou une femme se fasse agresser sexuellement par son "chum" ou son mari.
VRAI. L'agression sexuelle par le "chum" ou le mari est reconnue comme étant un crime au même titre que l'agression sexuelle par un étranger et peut faire l'objet de poursuites judiciaires.
6. La violence dans les relations amoureuses est due à une perte de contrôle.
FAUX. La violence en contexte amoureux est plutôt une prise de contrôle sur l'autre personne.
7. Les hommes qui violent d'autres hommes ou des petits garçons ou des adolescents, sont des homosexuels.
FAUX. La plupart des hommes qui violent d'autres hommes sont hétérosexuels. Certains hommes qui doutent de leur propre masculinité s'attaque ensuite à des gais. Leur agression est motivée par la haine et la recherche du sentiment de domination sur les autres. D'ailleurs, les agresseurs ne sont pas des hommes solitaires, frustrés sexuellement et qui n'ont pas de partenaires. 95% des agresseurs ont des relations sexuelles régulières avec des partenaires consentantes. La moitié (50%) vivent avec une conjointe. Selon les statistiques, 14% des hommes ont subi une agression sexuelle au cours de leur vie. Ces chiffres ne représentent cependant qu'une partie de la réalité car les garçons sont moins nombreux que les filles à dénoncer.
8. Pour la plupart, les agresseurs ont des problèmes de santé mentale. Dans le langage populaire, on les qualifie de "malades", de "maniaques", de "déséquilibrés".
FAUX. Seulement 3% des agresseurs ont des problèmes de santé mentale: 97% sont considérés comme normaux selon la psychiatrie. L'agresseur n'est pas le fou furieux qu'on reconnaît entre tous. Il est monsieur tout le monde. L'agresseur de manière à prendre le pouvoir sur sa victime. Il n’y a pas de portrait type d’agresseur. L’agresseur peut aussi bien être un membre de la famille qu’un voisin, un ami, un professionnel, etc.
9. La plupart des agressions sexuelles sont commises dans des lieux publics (rues, parcs, stationnements).
FAUX. Les statistiques montrent que les agressions sont commises principalement dans la maison de l'agresseur ou de l'agressée; dans l'auto de l'agresseur et dans un endroit public: rues, parcs, stationnements.
10. L'agression sexuelle est un crime qui n'arrive pas souvent.
FAUX. Selon Les agressions sexuelles, STOP, Gouvernement du Québec, 1995, p.26 il y aurait 86,952 québécoise âgées de 15 ans et plus qui seraient victimes d'agression sexuelle chaque année.En plus, 54% des adolescentes, ayant vécues une agression sexuelle, rapportent avoir été agressées dans le cadre d'une relation amoureuse. (Koss et AL, 1988). Il y a une agression sexuelle à toutes les 17 minutes au Canada. D'après certaines études, à peine un viol sur dix est rapporté à la police. C'est le crime le plus répandu et le moins dénoncé.
11. Près de la moitié des accusations portées pour agression sexuelle sont de fausses accusations faites dans le but de nuire à un homme.
FAUX. Seulement 2% des accusations sont portées à tort. C'est environ le même pourcentage que pour les fausses accusations de vol.
12. On peut facilement reconnaître une personne violente à son attitude ou à son apparence physique.
FAUX. Une personne violente dans ses relations amoureuses ou dans ses relations sexuelles ne l'est pas nécessairement dans ses relations sociales ou scolaires ou de travail. Il peut s'agir d'une personne engagée, sociable et populaire autant que d'une personne retirée qui affiche son côté rebelle ou agressif.