Cause et conséquences : Les agressions à caractère sexuel s’inscrivent également au cœur de notre société, une société qui, par l’entremise de son histoire, ses traditions, ses lois, ses mythes, ses préjugés, ses croyances et ses symboles promeut et maintient des rapports inégaux entre les hommes et les femmes.
Une société où les hommes détiennent un plus grand pouvoir dans les structures sociales, économiques, politiques et culturelles et où une grande proportion de femmes sont encore maintenues dans des rôles et des situations favorisant et augmentant leur vulnérabilité et par le fait même, leur manque d'information objective, leur dépendance et leur isolement. Malgré les avancées des dernières années, une plus grande reconnaissance et une plus large représentation des femmes dans certains domaines, il n'en reste pas moins que l’utilisation abusive du pouvoir des hommes est encore très présente bien qu'elle se manifeste souvent de façon plus insidieuse et subtile.
Une société qui, par son processus de socialisation, conditionne très tôt les hommes à adopter des attitudes de domination et les femmes à adopter des attitudes de soumission prédisposant, par conséquent, les uns et les autres à vivre et à entretenir des rapports inégaux.
Une société, enfin, qui légitimise le droit pour les hommes de dominer et de contrôler les femmes par la violence. En cela, cette tolérance à l’endroit de la violence faite aux femmes est l’un des symptômes les plus révélateurs d’une société valorisant la suprématie des hommes.
Au cours de la période qui suit immédiatement l'agression sexuelle, la victime est susceptible de passer par toute une gamme de réactions émotives telles que : culpabilité, dégoût, peur de mourir, peur d'être seule, la colère, la honte, la tristesse, le désespoir, la confusion, allant jusqu'à l'auto- destruction. On peut aussi constater plusieurs réactions somatiques telles douleurs musculaires, difficultés à digérer, maux de tête, insomnie, épuisement, etc. L'anxiété, les conflits interpersonnels, la dépression, la faible estime de soi, la consommation de drogues, d'alcool, l’auto-mutilation, pour ne nommer que ceux-ci, font parti des effets à long terme des agressions à caractère sexuel.